Vendre son âme au diable, en échange de quoi ? 

Goethe répondait : le bonheur !

Le héros de la quête du savoir

Le mythe de Faust est dans la dynamique de la Renaissance qui valorise la quête du savoir. Faust devient un héros de la connaissance assoiffé d’expériences. La veine romantique en fait l’incarnation de la condition humaine écartelée entre le plaisir immédiat et des aspirations plus audacieuses.

Dans la version de Goethe le pacte avec le diable  prend la forme d’un simple pari ( inspiré du livre de Job) : le diable parviendra-t-il à détourner les nobles aspirations de Faust vers la bestialité des plaisirs sensuels, les satisfactions matérielles et le plaisir de détruire ?

Dans la version finale du Faust de Goethe, Faust est sauvé : un cortège d’anges escorte son âme vers la lumière «  celui qui s’efforce toujours et cherche dans la peine, nous pouvons le sauver »

L’Histoire

Il était jadis un brillant philosophe doublé d’un éternel étu­diant en théologie appelé le docteur Faust. Mais les ensei­gnements que les philosophes et les théologiens avaient à offrir sur la nature de Dieu et le sens de la vie ne pouvaient satis­faire son intellect perpétuellement en quête. En outre, son orgueil était aussi développé que sa connaissance et il désirait trouver les réponses aux plus grands mystères de la vie par lui-même plutôt que de les obtenir de ceux qu’il méprisait secrètement. Car, ainsi, il pourrait revendiquer tout le crédit de la découverte.

Un jour, le docteur Faust décide donc d’abandonner la théologie pour se consacrer à l’étude de la magie hermétique. Il espère de cette manière découvrir le secret de la vie grâce à ses expériences alchi­miques et à la connaissance proscrite de la magie et de la sorcellerie héritée des anciens Égyptiens.

Mais même ces recherches interdites ne peuvent lui apprendre tout ce qu’il veut savoir. Aussi, plongeant dans une profonde mélancolie, l’érudit se met à invoquer subrep­ticement les esprits infernaux dans son désespoir. En réponse à ses appels, un chat noir apparaît mystérieusement dans son cabinet. L’animal se métamorphose soudain en un étrange personnage qui se présente comme Méphistophélès, l’esprit du mal et de la néga­tion.

 Méphistophélès passe son temps à guetter les âmes humaines qu’il peut gagner pour le camp des ténèbres et voler ainsi Dieu. De son côté, Faust aspire à la connaissance qu’a Méphistophélès des secrets de la vie et de la nature du divin.

Ainsi contractent-ils un pacte l’un avec l’autre, signé avec le sang, au terme duquel Méphistophélès accepte de servir Faust dans ce monde tandis que Faust consent à servir Méphistophélès dans l’autre. Ce dernier ne sait que trop bien quel prix Faust va réellement payer, mais le philo­sophe n’a pas encore compris que c’est à son âme immortelle qu’il renonce pour l’éternité.

Pendant un temps, Faust est exalté par la magie et les mystères que Méphistophélès lui montre et il croit qu’enfin il est tout près de connaître les secrets de Dieu. Mais l’esprit sombre de la néga­tion érode progressivement la volonté du savant et il développe en lui une inclination de plus en plus affirmée vers la sensualité et l’orgueil.

Finalement, Faust oublie jusqu’à sa quête spirituelle. Il se met à désirer une jeune fille appelée Gretchen (diminutif de Marguerite), que Méphistophélès a attirée dans les pattes de l’érudit. Elle tombe enceinte de Faust et, quand il l’abandonne, elle devient folle et tue leur enfant de désespoir. Elle est alors exécutée pour son crime. Réalisant soudain avec effroi sa responsabilité dans la destruction d’une vie humaine innocente, Faust se retrouve en proie à un remords amer et dévorant.

En effet, bien qu’il soit le jouet de Méphistophélès, il avait commencé à aimer vraiment la fille et, grâce à cet amour, une parcelle de son âme avait été pré­servée de toute corruption. Méphistophélès n’avait pas pu anticiper ce détail, dès lors que son esprit de négation n’avait pas la moindre connaissance du pouvoir rédempteur de l’amour.

Quoi qu’il en soit, l’emprise qu’a Méphistophélès sur Faust est telle que, pendant plusieurs années, le philosophe continue de s’adonner à tous les plaisirs sensuels et à pénétrer tous les mystères secrets. Tout ce qu’il a toujours voulu savoir, il l’apprend. Les plus glorieux sommets des cieux et les entrailles les plus voilées des mondes inférieurs lui deviennent familiers. Cependant, la mort de Gretchen ne cesse d’inspirer en lui un remords qui le ronge et croît en lui comme un cancer et, en dépit de son avilissement, quelque chose en lui continue d’aspirer à la lumière. Et tandis que le sage vieillit, Méphistophélès attend avec patience et contentement, car il sait que bientôt l’érudit va affronter la mort. Alors son âme appar­tiendra aux ténèbres.

Mais à l’heure fatidique, quand Faust est enfin confronté aux véritables conséquences du pacte qu’il a contracté, il est si rempli de remords, d’amour et de souffrance que son âme échappe aux griffes de Méphistophélès et qu’il est transporté vers les sphères célestes.

Analyse et interprétation 

Séminaire Mythogramme

Références Bibliographiques

Liz GREENE

Luc BIGE

 

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