Electre ou le “Complexe d’œdipe” au féminin!

Le Mythe d’Electre

Electre était la fille d’Agamemnon et de Clytemnestre.

Dans l’Iliade, elle avait deux sœurs: Chrysothémis et Iphigénie et un frère Oreste

Aussitôt après la mort de son père, assassiné par sa mère et Egisthe, l’amant de cette dernière, elle sauva son jeune frère en le confiant au roi de Phocide Strophios. Strophios avait un fils, Pylade, en compagnie duquel Oreste grandira. Epargnée par Clytemnestre et Egisthe, Electre n’en mena pas moins une vie malheureuse, faite de résignation face à une mère qui lui semblait trop puissante.

Electre attendait , en effet, le retour de son frère Oreste, seul capable de concrétiser sa vengeance.

Sa mère la maria à un humble laboureur, alors qu’elle était promise à Castor, pensant qu’elle aurait ainsi des enfants faibles.

Electre envoyait des appels fréquents à Oreste pour qu’il revienne venger la mort de son père. Au bout de sept ans, Oreste et son ami Pylade se rendirent secrètement sur la tombe d’Agamemnon. Là ils rencontrèrent Electre, venue y faire des libations et des prières.

Oreste se fit reconnaître de sa sœur, puis se rendit à Mycènes où ils annoncèrent la fausse mort d’Oreste. A la faveur de l’agitation qu’avait causé cette nouvelle ils pénétrèrent dans le palais et Oreste tua Egisthe et Clytemnestre, sa mère.

Electre épousa Pylade, l’ami d’Oreste, et donna le jour à deux fils.

Le complexe d’Electre

Pour Freud, le complexe d’Électre est le “complexe d’Oedipe au féminin”, c’est un concept qui explique le développement psychique chez la petite fille.

Ce concept est lancé par le médecin psychiatre Carl Gustav Jung, dans les années 1860, en référence à l’héroïne grecque qui vengea son père Agamemnon, en assassinant sa propre mère Clytemnestre.

Paradoxalement, la toute petite fille, comme un garçon, désire posséder sa mère et être tout pour elle. Pleinement comblée par ses sensations corporelles, elle se sent toute-puissante… jusqu’à ce qu’elle découvre, vers 4 ans, que le petit garçon a un pénis. Commence alors une période pénible pendant laquelle la fillette s’imagine inachevée et envie le pouvoir attribué à l’organe pénien. Quelqu’un lui a menti sur sa valeur réelle, et elle pense que ce quelqu’un est sa mère. Ainsi prend fin la grande idylle avec maman !

Pour réparer son image d’elle-même, la fille se tourne vers son père. D’abord pour essayer d’être aussi forte que lui. Ce qui est bien sûr impossible. Puis, en espérant être désirée par lui : « Je vais me marier avec papa. » Il s’agit évidemment d’un fantasme inconscient : elle ne sait pas clairement ce qu’il désire et ne veut surtout pas passer réellement à l’acte. Pour la première fois, elle adopte une position féminine.

Pour Freud, la mère est le premier objet de l’amour chez le petit garçon comme chez la petite fille. Simultanément, la mère est un idéal – la fille admire sa féminité – et une rivale. Afin d’accéder à la féminité adulte, la fille va elle aussi renoncer à ses fantasmes infantiles incestueux. Pour garder quand même son père en elle, elle va prendre modèle sur lui et intégrer ses valeurs.

Contrairement au complexe d’Œdipe, qui prend fin avec la “castration”, celui d’Électre débute par la castration, qui provoque la convoitise du père et  s’arrête au moment où la fille s’identifie à la mère.